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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 20:07

Roger Mbede, victime d'Homophobie, vient de mourir au Cameroun

traduit de l'article de 76crimes.com :

http://76crimes.com/2014/01/10/homophobia-victim-roger-mbede-dies-in-cameroon/

 

roger-allout.jpg

 

Roger Jean Claude Mbede, 34 ans, l'homme camerounais qui a été condamné à trois ans de prison pour avoir envoyé un texte amoureux à un homme de sa connaissance, est décédé aujourd'hui dans son village natal après avoir manqué d'argent pour payer ses soins médicaux.

Au cours de ses 16 mois de prison, Mbede avait fait l'objet d'une pression internationale intense pour sa libération, y compris les campagnes d'Amnesty International et de All Out.

Il a gagné une liberté provisoire le 16 Juillet 2012, pour le traitement médical d'une hernie. Il est resté libre après, mais en mauvaise santé. Parce qu'il était devenu très connu au Cameroun comme homosexuel, il avait l'habitude de rester caché pour sa propre sécurité, ont expliqué ses amis. Pour la même raison, il a changé de résidence à trois reprises, ont t'ils expliqué.

À la fin de 2012, la Cour d'appel centrale a refusé d'annuler la décision du tribunal inférieur d'origine qui l'avait condamné à la prison. Le nouvel appel de ce refus était en attente alors qu'il cherchait à continuer ses soins médicaux.

Il avait subi une opération en Juillet 2012, qui ne l'avait pas guéri, et une seconde à la fin de 2013, qui s'est mal passée, selon un de ses amis et militant LGBT.

"Ce n'était pas un militant. c'était simplement un homme qui a été envoyé en prison pour sa sexualité », dit un ami. Il n'avait pas d'argent pour la suite des soins médicaux, expliquent ses amis militants, il a alors du quitter l'hôpital et a été conduit au domicile de sa famille dans le village de Ngoumou, près de Yaoundé. Dans les derniers jours, il ne mangait pas, ni ne buvait. Il est mort à environ 19 heures aujourd'hui.

mbede2-072012.jpg

 Il avait été condamné le 28 Avril 2011 à 36 mois de prison et à une amende de 33 000 francs CFA (environ 50 € ou 61 $) pour homosexualité, qui, en droit camerounais, est passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans.

Ses avocats, Alice Nkom et Michel Togue, ont remporté sa mise en liberté provisoire en Juillet 2012, après que le tribunal ait rejeté plus d'une douzaine de demandes.

Le récit de la vie de Mbede a été écrit peu de temps après sa mise en liberté provisoire en 2012. L'auteur était le journaliste / militant Eric Lembembe, qui a été attaqué, torturé et assassiné dans sa maison en Juillet 2013, alors qu'il était en train de faire des reportages sur une vague d'arrestations homophobes, d'incendies criminelles, et de cambriolages au Cameroun.

 L'histoire de Mbede commence à la fin de 2010, quand il était étudiant en maîtrise de philosophie de l'éducation à l'Université de l'Afrique centrale à Yaoundé. Il est devenu familier avec un haut fonctionnaire au service du Président de la République du Cameroun, dit-il. Après quatre mois d'une relation amicale et appels téléphoniques, Mbede dit qu'il est tombé dans une embuscade préparée par l'homme, qui s'était plaint de recevoir des déclarations d'amour de Mbede.

"Le 2 Mars 2011, il a appelé, me demandant de lui rendre visite à la maison. À ma grande surprise, j'ai été accueilli par deux policiers qui m'ont arrêté et m'ont emmené dans une cellule sous le contrôle du Secrétaire à la Défense », se souvient Mbede. "Pendant une semaine, j'ai été soumis à des interrogatoires difficiles, sans savoir ce qui se passait. Quelques jours plus tard, le 9 Mars, le procureur a émis un mandat et j'ai été envoyé en prison le même jour. Après trois audiences, j'ai été condamné ", dit-il.

 

La vie est dure dans la prison de Kondengui, surtout quand vous êtes gay. "Lorsque vous entrez dans la prison, les gardes vous lancent des insultes, comme« pédé » et « sorcier ». "

roger-mbede-for-amnesty.jpg

Les conditions de détention y sont difficiles pour tout le monde - pas assez de lits inconfortables, l'eau insalubre, la promiscuité et les maladies telles que la tuberculose, la diarrhée et les maladies de la peau, dit-il.

En plus de ça arrivent des abus quotidiens homophobes, verbaux et physiques. Les détenu se sont plaints au directeur de la prison qu'ils ne pouvaient pas vivre avec un «pédé» dans la même pièce. Après avoir subi plusieurs coupures et des ecchymoses, Mbede a eu une cicatrice sur le front et a subi de nombreuses agressions en prison.

Pour Roger Jean Claude Mbede ça a été un moment difficile de revenir à une vie normale après sa prison pour homosexualité.

Pendant son séjour, il avait reçu l'aide du Projet pour le soutien et l'assistance aux minorités sexuelles, ou PAEMH, tandis que l'Association pour la défense des homosexuels, ou ADEFHO, lui apportait de la nourriture et a fourni une aide médicale et juridique. Amnesty International a plaidé pour sa libération.

"Le PAEMH était très favorable", dit-il. "L'un de ses dirigeants, Lamba Marc Lambert, m'a apporté à manger et des vêtements à porter. Sans leur aide, je ne sais pas ce qui me serait arrivé", avait il dit.

Il n'avait pas entendu parler de sa famille après son arrestation.

Mbede espérait que sa condamnation serait annulée en appel, prévu pour le 20 août. Il avait aussi prévu de terminer ses études, de trouver du travail et de devenir autonome.

"Pour l'instant," avait il dit, "je reste dans la maison d'un ami parce que ma famille me rejette."

"Mon père m'avait dit que je n'étais plus son fils," avait dit Mbede. "S'il devait choisir entre un fou et moi, il a dit qu'il choisirait le fou. Ma sœur, quant à elle, disait qu'elle préférerait avoir un frère qui est un voleur ou avec d'autres activités criminelles plutôt qu'un homosexuel ».

 Comme son opération de l'hernie du 26 Juillet approchait, Mbede était inquiet de savoir comment allait il payer pour la chirurgie. Il se sentait impuissant et ne savait pas par où commencer, nous avait il dit.

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Published by jeanrossignol - dans afrique
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